Les nombreuses irrégularités. Tatiana Trouvé & Katharina Grosse

Katharina Grosse et Tatiana Trouvé
Les Nombreuses Irrégularités
2 Février 2018 | 29 Avril 2018
Vernissage Jeudi 1er Février 19h | Entrée libre

Dans le cadre du cycle d’expositions d’art contemporain UNE initié par Muriel Mayette-Holtz. Sous le commissariat de Chiara Parisi

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis est heureuse de présenter Les Nombreuses Irrégularités, une exposition de Katharina Grosse et de Tatiana Trouvé.

 Il s’agit de la quatrième et dernière exposition au sein du cycle UNE, initié par Muriel Mayette-Holz, sous le commissariat de Chiara Parisi. UNE est un projet ambitieux qui, à travers la confrontation artistique, interculturelle et générationnelle, a donné lieu à des collaborations et enchevêtrements surprenants, permettant une vision contemporaine de l’Académie de France à Rome. Depuis février 2017, UNE a permis des rencontres uniques : Yoko Ono avec Claire Tabouret ; Elizabeth Peyton avec Camille Claudel et Auguste Rodin ; Annette Messager et la « présence » de Balthus.

En partant de positions et styles en apparence très éloignés, Katharina Grosse et Tatiana Trouvé ont également créé pour ce cycle un dialogue inédit et inattendu. Grâce à leurs projets respectifs, différents mais complices et complémentaires, les deux artistes nées dans les années 60 ont bouleversé les limites des espaces de la Villa Médicis.

Katharina Grosse choisit la peinture, entendue comme membrane, comme principal moyen d’expression, tandis que Tatiana Trouvé explore les infinies variables et possibilités offertes par le dessin : la puissance imprévisible de la couleur s’entrelace avec le pouvoir de séduction d’un objet sculptural recontextualisé. « Chez ces deux artistes émerge une radicalité partagée, fondée sur l’idée de renversement, écrit Chiara Parisi. Dans le cas de Katharina Grosse, l’espace sous toutes ses formes est exalté par la peinture. Le paysage n’est plus accueilli par la toile, le paysage devient la surface picturale. De la même façon, Tatiana Trouvé projette des assemblages et associations imprévisibles. Naissent alors des œuvres dont le point de départ est concret, mais qui nous font perdre la familiarité que l’on a envers les objets déterminés. »

Le parcours d’exposition est ouvert par les installations de Tatiana Trouvé, Somewhere in The Solar System et The Great Atlas of Disorientation qui évoquent des cabanes et incorporent des cartes de migration anciennes et actuelles. From 2002 to 2016 est une oeuvre composée par un assemblage de savons et bronze, chacun d’entre eux étant relié à une exposition associée au travail de plusieurs personnes dans l’atelier de l’artiste : lorsque ce travail est terminé et prêt à partir pour son lieu d’exposition, la forme de savon est moulée. Cette petite sculpture est en quelque sorte le résultat du travail partagé par plusieurs mains.

Immédiatement après, le visiteur rencontre les oeuvres Notes on sculptures, September 15th, “Jill” 2016 et “Peter” 2016 qui dialoguent avec le tissu de soie peint Ohne Titel (2013/2018) de Katharina Grosse, également présent dans la première salle. D’une part, se déploient les recherches tridimensionnelles – sculptures et fragments d’installations – que Tatiana Trouvé définit comme des “annotations sculpturales”; d’autre part, la manifestation tangible de l’insatiable appétit de Katharina Grosse pour l’espace façonné par la peinture, et de sa grande faculté à démultiplier les structures architecturales. Ces oeuvres unies et superposées représentent le paradigme d’un corps-à-corps, d’une confrontation surprenante et originale de laquelle émergent des irrégularités partagées.

La grande galerie accueille Ingres wood (2018) de Katharina Grosse. L’artiste, étant dans l’impossibilité d’intervenir directement sur les surfaces de la Villa Médicis, a utilisé des morceaux de tronc trouvés dans le jardin médicéen, provenant d’un des grands pins que Ingres fit planter alors qu’il était directeur au début du XIXème et qui a été abattu il y a peu. Katharina Grosse donne une nouvelle vie à cet arbre qui disparaît sous son action, à travers d’uniques inventions de couleur. Elle reconfigure son environnement en déplaçant une partie du jardin à l’intérieur de la Villa, et crée une dislocation temporaire de l’élément naturel. L’escalier, sous le plafond en coupole, devient ainsi la nouvelle demeure de cet arbre séculaire dont les branches s’inclinent sur un ample drapé, recouvrant les marches. Cet ensemble donne la sensation de se trouver face à un corps-à-corps sensuel entre les lignes de l’arbre et les assemblages de peinture que l’artiste a créé des jours et des jours durant.

L’exposition se conclut avec les sculptures Lignes d’erre (2016) et Les Indéfinis (2017) de Tatiana Trouvé. Lignes d’erre est une sculpture dont les lignes métalliques reprennent les tracés de parcours d’errance dans l’espace. Quant aux Indéfinis, il regroupe des travaux de l’artiste qui demeurent à un seuil. Ils existent, mais ne trouvent pas leur place dans l’économie générale d’une oeuvre : ce ne sont ni les rebus ni les chutes d’une production. Simplement, ils ne parviennent pas à se relier à d’autres et demeurent aux franges, isolés, jusqu’à ce qu’ils créent un ensemble singulier de “solitaires” qui inventent leur propre mode d’exposition.

Katharina Grosse (Fribourg, 1961, vit et travaille à Berlin) a étudié à la Kunstakademie de Düsseldorf et à la Kunstakademie de Münster. Elle est reconnue internationalement pour ses œuvres permanentes et temporaires réalisées in situ, en peignant directement sur des bâtiments, constructions et paysages. L’artiste accueille les événements et imprévus qui ont lieu lorsqu’elle peint, ouvrant les espaces et les surfaces aux innombrables possibilités perceptives de son moyen privilégié d’expression : la peinture. Sa recherche naît dans son atelier, lieu d’expérimentation constante sur de nouveaux matériaux et sur la puissance de la couleur. Ses œuvres ont été exposées au sein de nombreuses expositions personnelles et collectives dans des institutions publiques et privées partout dans le monde. Elle a notamment présenté des expositions personnelles au Palais de Tokyo, Paris (2005) ; ARKEN Museum for Modern Kunst, Copenhague (2009) ; Nasher Sculpture Center, Dallas (2013) ; Garage Museum of Contemporary Art, Moscou (2015) ; Museum Frieder Burda, Baden-Baden (2016). Parmi ses installations site-specific les plus récentes figurent : The Horse Trotted Another Couple Of Meters, Then It Stopped pour les imposantes architectures industrielles de Carriageworks à Sydney, les inoubliables Untitled Trumpet pour la 56ème Biennale de Venise en 2015 et Rockaway ! pour le MoMA PS1 en 2016.

 

Tatiana Trouvé (Cosenza, 1968, vit et travaille à Paris) a participé à de grandes expositions internationales telles que la Biennale de Venise (2003 et 2007), la 29ème Biennale de São Paulo (2010), la Hayward Gallery de Londres (2010) et la Fondation Pinault Punta della Dogana, Venise (2011), la Biennale de Lyon (2015), la Biennale d’Istanbul (2017), la Triennale de Yokohama (2017) et BIENALSUR, la 1ère Biennale d’art contemporain d’Amérique du Sud (2017).
Les expositions personnelles incluent Double Bind au Palais de Tokyo, Paris (2007), 4 Between 2 and 3 au Centre Pompidou, Paris (2008), A Stay Between Enclosure and Space au Musée Migros de Zurich (2009), la South London Gallery (2010) et Il grande ritratto, une grande exposition inspirée par le titre du roman de science-fiction de Dino Buzzati et conçue en réponse à l’architecture exigeante de la Kunsthaus Graz (2010). L’exposition itinérante I tempi doppi a été présentée au Kunstmuseum Bonn, au Museion Bolzano-Bozen et à la Kunsthalle Nürnberg (2014). En 2014, The Longest Echo — L’écho le plus long au Mamco, Genève a inauguré sa première exposition rétrospective. Sa première exposition personnelle en Chine The Sparkle of Absence a eu lieu au Red Brick Museum, Beijing (2016). Le Public Art Fund (Fonds public d’art) lui a commandé Desire Lines, présenté à Central Park à New York en 2015.
En 2018, elle inaugurera trois expositions personnelles au Broad Art Museum dans le Michigan, au Musée d’art Petach Tikva de Tel-Aviv et au Printemps de Septembre à Toulouse. Elle a remporté le prix Marcel Duchamp en 2007.

 

Médiation : dans le cadre du projet du Ministère de l’éducation, de l’université et de la recherche pour la promotion de l’alternance études-travail, chaque jeudi de 16h30 à 19h00, les visiteurs pourront être accompagnés par une équipe d’étudiants comme médiateurs culturels.

Horaires d’ouverture de l’exposition : du mardi au dimanche, fermé le lundi, de 10h à 19h (dernière entrée à 18h30).

Billet jumelé pour l’exposition et la visite guidée des jardins et de Villa Médicis : 12 € (plein tarif)

/ 6 € (tarif réduit*).

*Tarif réduit : jeunes de moins de 25 ans, personnes de plus de 60 ans, sans emplois (sur présentation d’un justificatif), professeurs d’histoire de l’art, pensionnaires et membres des autres académies et instituts étrangers siégeant à Rome, détenteurs d’une carte étudiante, Roma Pass, Metrobus, Carta più La Feltrinelli, Bibliocard, FAI, Romaeuropa card ou Opera Card.

Billet seulement pour l’exposition : 6€ ; accès gratuit pour les personnes de moins de 18 ans

Groupes scolaires : chaque participant pourra accéder à l’exposition avec un billet au tarif de 1€. Il est nécessaire de réserver auprès du département des activités pédagogiques à l’adresse : [email protected]

 

Académie de France à Rome – Villa Médicis
viale Trinità dei Monti, 1 – 00187 Rome
T +39 06 67611 www.villamedici.it

Accademia di Francia a Roma – Villa Medici
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