I Peccati – Johan Creten

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis est heureuse de présenter l’exposition “I Peccati” de Johan Creten du 26 mars au 21 juin 2020.

Précurseur, inclassable et à contre-courant, Johan Creten est un artiste sculpteur qui s’est profilé comme une figure forte, énigmatique et intrigante dans le paysage artistique de ces dernières décennies.

Doté d’une vision très actuelle de notre société, il a su se forger une place singulière sur la scène internationale de la création contemporaine.

Pour cette exposition, est réuni un ensemble de cinquante-cinq œuvres en bronze, céramique, résine, juxtaposé à des œuvres historiques de Lucas Van Leyden (1494-1533), d’Hans Baldung (1484-1545), de Jacques Callot (1592-1635) et de Barthel Beham (1502-1540).

L’exposition propose une exploration du monde avec ses tourments individuels et sociétaux, pour un parcours empli de surprises et d’émotions.

C’est la première fois que le travail de Johan Creten est présenté avec une telle ampleur en Italie.

 

I PECCATI

Avec Johan Creten, les péchés ne sont pas au nombre de sept. Sept, ce chiffre implacable pareil au nombre de sacrements dans la Bible et de collines à Rome. Ici, les péchés sont infinis et illimités, inépuisables. Ils ne sont pas dénombrables, tout juste désignables.

Les péchés ne sont pas tous capitaux, ils peuvent être impériaux, impérieux, périphériques, insidieux, insignifiants, invisibles. Ils sont toujours en-deçà du calcul et du langage.

Les sept péchés capitaux sont peu de choses en regard de la sottise, de la barbarie, de l’ennui, de la mutilation, du regret, de la mélancolie et de l’effroi, bref, de la vie. Aussi, les sculptures de Johan Creten n’ont rien à voir avec la morale ou la sanction, avec le couperet ou la censure. Elles disent les péchés, elles disent la vie qu’infusent le désir et la douleur, l’espoir et la peine, la luxure et la colère, l’amour et la mort, Éros et Thanatos.

Elles disent la vie amphibie, entre Styx et Paradis. Elles disent la vie pulsionnelle, quand battent les cœurs, quand s’enroulent les serpents, quand se déploient les ailes, quand s’ouvrent les vulves, quand s’écarte le rideau pour qu’apparaisse enfin la vérité nue, cette Méduse hypnotique.

Le péché ne serait-il pas la forme fatiguée de la pureté ? Ne fait-il pas signe vers notre condition d’homme souverainement faillible ? Le péché n’est-il pas, pour reprendre le mot de Victor Hugo, une merveilleuse « gravitation ».
Colin Lemoine

 

Commissaire : Noëlle Tissier.

À cette occasion, un livre sera publié incluant des textes de Colin Lemoine et de Nicolas Bourriaud accompagné de photographies de Gerrit Schreurs.