Sortie de Studiolo n°17

26 Novembre 2021

Lancement à la Librairie Petite Égypte (Paris 2e) le 26 novembre à 18h30

Studiolo est la revue annuelle d’histoire et théorie des arts de l’Académie de France à Rome — Villa Médicis. Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent l’histoire de l’art, tant dans ses objets que dans ses méthodes. Elle s’intéresse plus particulièrement à la production des images et aux échanges artistiques entre l’Italie, la France et l’Europe, de la Renaissance à nos jours.

Chaque numéro comporte un Dossier thématique, ainsi que trois rubriques : Varia, ouverte aux propositions hors thème ; Débats, consacrée à l’historiographie et aux comptes rendus approfondis d’ouvrage ; Villa Médicis, histoire et patrimoine, portant sur l’histoire de l’Académie de France à Rome ainsi que sur les activités et les chantiers de restauration suivis par le département d’histoire de l’art. Enfin, dans Champ libre, Studiolo ouvre ses pages aux propositions des pensionnaires de l’année en cours.

Les volumes Studiolo sont en vente par correspondance et à la Villa Médicis (sur accord préalable à l’adresse électronique suivante : [email protected]).


Normes éditoriales

Indications pour les auteurs :

Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, essais et débats, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la dernière rubrique patrimoine et histoire à la Villa Médicis, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes (espaces et notes comprises).

Les œuvres reproduites doivent être fournies par les auteurs et libres de droits.

Les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales (disponibles sur le site de l’Académie de France à Rome www.villamedici.it).

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Patrizia Celli, secrétaire de rédaction : [email protected]


L’année 2020 a marqué le demi-millénaire de la mort de Raphaël et suscité de nombreux événements.

Expositions, journées d’études, publications ont apporté des éclairages fondamentaux sur une grande variété d’aspects de l’œuvre du maître qui fut peintre, architecte, dessinateur, antiquaire, entrepreneur et artiste protéiforme. Les récentes campagnes de restauration ont également permis d’élargir la connaissance de son œuvre. Ainsi, celle entreprise dans la Salle de Constantin au Palais du Vatican a révélé la main du maître dans les figures allégoriques de Iustitia et de Comitas, les seules peintes à l’huile dans ce décor de fresques réalisé d’après ses dessins par ses élèves, dont Giulio Romano et Giovan Francesco Penni.

Studiolo a souhaité se joindre à cet élan scientifique en consacrant le Dossier thématique de ce numéro 17 à la question de l’héritage de Raphaël dans un temps long qui va du XVIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. Les contributions réunies ici étudient aussi bien la fascination produite par certaines inventions de l’artiste – comme le dispositif pictural des tapisseries feintes qui deviendra un paradigme de la peinture monumentale maniériste et baroque – que la dévotion bien particulière dont il a fait l’objet en devenant une figure tutélaire pour les peintres des générations suivantes.

L’assimilation du modèle raphaélesque s’est étendue sur plusieurs siècles et a pris une tournure éminemment politique dès le XVIIIe siècle, lorsque fut entreprise la première campagne de restaurations des fresques ornant les Stanze du Palais apostolique. Celle-ci fut alors le champ de bataille qui vit s’opposer les représentants de l’« école romaine » de peinture, chargés de préserver les décorations, et les pensionnaires de l’Académie de France à Rome, qui souhaitaient continuer à tirer des copies fidèles en apposant papier et calque directement sur la surface des fresques.

À cette époque, les soubassements des peintures, comme les murs d’un sanctuaire ou d’une église, étaient déjà recouverts de signatures et de graffiti d’artistes venus en pèlerinage de toute l’Europe et désireux d’afficher leur appartenance à une communauté artistique et esthétique incarnée par les principes formels et les valeurs spirituelles de l’art de Raphaël.

Raphaël divino, « ange de la peinture », « second messie » : l’artiste se voit sanctifié non seulement par ses épithètes, mais aussi par le traitement de ses ossements qui, exhumés et réenterrés en grande pompe au Panthéon en 1833, sont vénérés comme des reliques. La dévotion que l’on voue à Raphaël a fait de lui un artiste cult. Raphaël est peut-être aussi le premier représentant de la pop culture car, dès son vivant, soucieux de faire (re)connaître son œuvre, il en assure personnellement la transmission, la diffusion et la promotion à grande échelle par le biais de son atelier, en profitant au mieux du potentiel de ce médium encore nouveau qu’était la gravure.

Indépendamment des aléas de la fortune de l’art de Raphaël au gré des époques, cette popularité n’a cessé de s’accroître grâce à l’impulsion donnée par la reproduction de masse de ses peintures de madones, d’angelots et de saints, élus par la culture visuelle populaire chrétienne comme les images idéales permettant de conforter la foi et de stimuler la piété. Images auxquelles on peut presque attribuer une valeur pop et publicitaire, tant elles jouent sur une forme de « persistance rétinienne » de l’œuvre raphaélesque. C’est contre cette imagerie kitsch et contre les usages commerciaux de l’art des maîtres que vont se dresser les critiques des artistes modernes, à l’instar du Danois Asger Jorn qui entoura de gribouillages enfantins une carte postale reproduisant le célèbre détail des anges aux pieds de la Madone Sixtine.

Observer à l’échelle de plusieurs siècles l’héritage de Raphaël en dit long sur le rapport que l’on a pu entretenir avec l’art et les artistes du passé par le biais de processus d’assimilation et d’appro-priation. Cette histoire invite à reconsidérer, une fois de plus, les nouvelles formes de « religion de l’art » et de « sacralisation des artefacts artistiques » qui se substituent souvent à d’anciennes pratiques dévotionnelles.

L’Académie de France à Rome est très heureuse d’annoncer par le nouveau graphisme de ce numéro de Studiolo le début de la collaboration éditoriale avec les Éditions Macula et de réaffirmer ainsi l’ouverture de la revue à la pluralité des approches de l’histoire de l’art dans le monde contemporain.

Francesca Alberti et Sam Stourdzé


Studiolo n°17

Studiolo n°17 – 2021

Raphaël/Raffaello
Coédition Académie de France et Macula Éditions.
Parution : novembre 2021
208 pages – 122 ill. coul.
23 x 31 cm
29 €
ISBN 978-2-86589-133-7
ISSN 1635-0871

Sommaire en pièce jointe
Résumé

Pour l’achat d’un exemplaire, s’adresser à Macula Éditions


Image :

École de Raphaël, d’après les dessins du maître, détail de l’ange encadrant Urbain Ier (après restauration), c. 1520, Salle de Constantin, Palais du Vatican.
© Éric Vandeville / AKG-images