En 2009, elle rencontre Stefano Canapa qui deviendra son compagnon de route des « Chemins de traverse », une série de documentaires dédiés au cinéma indépendant en Italie. Le projet se met en place et profitant du fait que la cinémathèque de Paris leur laissait carte blanche pour projeter un premier portrait de cinéaste, ils tournent rapidement et avec un budget dérisoire le premier épisode de la série : « Les champs brûlants ». Tourné entre Rome et Naples et consacré au cinéma de Beppe Gaudino et Isabella Sandri, ce premier épisode a reçu un très bon accueil du public : sélectionné au festival de Locarno et au festival du Cinéma du réel à Paris, mais également reconnu au festival de Turin 2010 où il a reçu le prix spécial du jury.
Le projet romain
Au-delà de la chronique de la mort annoncée du cinéma italien dès la fin des années 80, malgré la disparition quasi-simultanée de ses plus grands cinéastes, au-delà de quelques apparitions d'oeuvres reconnues et célébrées dans les festivals (Gommora, Il Divo, Vincere,...), il y a encore du nord au sud du pays des forces vives et bien actives oeuvrant à poursuivre l'histoire du cinéma d'auteur italien. Un cinéma invisible et résistant comme le roseau face au chêne, ce cinéma qu'aucune tempête ne pourra anéantir, parce qu'il reviendra toujours, libre et spontané, comme les herbes folles le long des chemins de traverse. C'est avec ce désir de rendre visible ce cinéma de l'ombre qu'est né le projet des Chemins de traverse, une série de films documentaires à travers l'Italie dédiés au cinéma indépendant. Catherine Libert profitera donc de son séjour à la villa Medici pour écrire les prochains épisodes et entamer des rencontres du nord au sud du pays avec des cinéastes aux parcours divers mais aussi des collectifs d'artistes, des producteurs, des critiques, des diffuseurs, des éditeurs... tous oeuvrant plus ou moins pour un cinema hors-norme, hors-économie, précaire, militant ou poétique.